Au cours des dix dernières années, entre 2007 et 2017, la part de la délégation de l’assurance emprunteur sur le marché hypothécaire n’a pas changé. La part de marché des assureurs reste à environ 15 %. Il ne s’agit pas d’imaginer un renversement du marché. Mais le droit de changer annuellement introduit par l’amendement Bourquin depuis janvier 2018 permettra inévitablement aux assureurs de reprendre le contrôle. Et, bien sûr, les contrats qui sont concurrentiels avec l’assurance-crédit des banques gagneront du terrain.
Lois Lagarde et Hamon : un bilan mitigé pour la délégation d’assurance emprunteur
Les chiffres récents fournis par l’Association Française des Assurances (FFA) sont sans appel : le montant total des cotisations d’assurance crédit immobilier a progressé entre 2016 et 2017, pour atteindre 6,74 milliards d’euros l’année dernière. Pourtant, ce dynamisme profite surtout aux contrats bancaires, qui écrasent la concurrence. Voici comment se répartissent les parts de marché :
- Les contrats de groupe (proposés par les banques) représentent 84,4 % en 2016, et progressent à 84,71 % en 2017.
- Les contrats délégués (souscrits auprès d’assureurs externes) passent de 15,6 % à 15,29 % sur la même période.
En clair, alors que le volume en valeur absolue des contrats délégués augmente un peu (1 milliard d’euros en 2016, 1,03 milliard en 2017), leur part de marché diminue. Le constat est sans détour : malgré tout le dispositif législatif mis en place depuis septembre 2010 (loi Lagarde, puis loi Hamon en 2014), la délégation d’assurance peine à décoller après dix ans d’existence. En 2007, elle représentait 14,8 % du marché, soit 643 millions d’euros. Dix ans plus tard, la progression reste timide.
En 2017, les cotisations totales pour l’assurance des prêts immobiliers, tous contrats confondus, atteignent 6,74 milliards d’euros, ce qui représente 0,52 % de l’encours total des crédits immobiliers (1 292 milliards d’euros). La FFA estime pour 2017 le volume global des cotisations d’assurance crédit à 9,1 milliards d’euros, dont 74 % pour les crédits immobiliers. Le reste se partage entre les prêts à la consommation (20 %) et les crédits professionnels (6 %).
La garantie perte d’emploi reste un choix marginal
Sans surprise, la couverture décès concentre la majorité des cotisations versées en 2017 : 4,76 milliards d’euros, soit près de 71 % du total. Les garanties liées à l’invalidité et à l’incapacité regroupent 27 % des primes (1,84 milliard d’euros), tandis que la couverture perte d’emploi ne pèse que 2 % (140 millions d’euros).
À titre d’exemple, entre 2016 et 2017, les cotisations pour l’invalidité ont progressé de 5 %, et celles pour le décès de 4 %. À l’inverse, les montants relatifs à la garantie perte d’emploi reculent de 3 %. Ce désintérêt est révélateur : ce type de protection reste très minoritaire dans les contrats, et bien souvent souscrite par défaut ou pour rassurer lors d’un achat particulièrement engageant.
L’amendement Bourquin : les lignes commencent à bouger
Faut-il s’attendre à des chiffres plus dynamiques en 2018 ? Cette perspective devient crédible avec l’entrée en vigueur du droit de résiliation annuelle au 1er janvier 2018. Désormais, chaque emprunteur peut comparer et changer d’assurance crédit tous les ans, ce qui ouvre enfin la voie à une concurrence réelle et loyale. La récente clarification de la date d’échéance par la Fédération Bancaire Française, via ses recommandations de bonne pratique, vient sécuriser encore un peu plus ce changement pour les consommateurs.
Un nouvel espace pour gagner en liberté et en pouvoir d’achat
Ce moment est particulièrement propice pour réévaluer la place que prend votre assurance-crédit. L’ensemble des leviers légaux est accessible pour qui souhaite comparer, renégocier, et choisir son contrat. C’est une démarche concrète pour alléger sa charge mensuelle, notamment si vous remboursez encore un prêt en cours.
La délégation d’assurance-crédit s’impose alors comme une solution capable d’optimiser votre budget, mais aussi d’ajuster votre couverture avec des garanties souvent absentes lors de la première souscription. Ce peut être, par exemple, une protection renforcée en cas d’incapacité, ou une adaptation à l’évolution de votre situation professionnelle.
Il reste primordial de se faire accompagner dans ce parcours, afin de sélectionner une formule financièrement compétitive et véritablement adaptée à ses besoins. L’équipe spécialisée reste mobilisée pour vous guider, et chaque dossier traité vient rappeler que le consommateur, désormais, n’est plus condamné à subir l’offre imposée par sa banque. À chacun d’envisager, enfin, une assurance-crédit qui lui ressemble : le vent du changement a déjà commencé à souffler.

