Investir en Andorre est ouvert aux capitaux étrangers depuis la loi de juin 2012, qui a fait passer la participation étrangère possible dans une société de 33 % à 100 %. Un non-résident peut acheter un bien ou entrer au capital d’une société, mais ces opérations restent encadrées par une procédure d’autorisation auprès du gouvernement andorran. Voici les démarches, les coûts, la fiscalité et le lien avec la résidence.
Investir en Andorre quand on est étranger : ce que la loi permet
Avant 2012, la participation étrangère dans une société andorrane était plafonnée à 33 %. La loi sur l’investissement étranger a supprimé ce plafond, mais les sociétés étrangères doivent obtenir l’approbation du gouvernement. Plus de 200 activités économiques (commerce en ligne, industrie, recherche et développement) étaient déjà ouvertes aux étrangers avant ce texte.
Depuis le 13 février 2026, le régime de l’investissement étranger repose sur la résidence de l’investisseur et non plus sur sa nationalité, selon un guide fiscal spécialisé. Pour situer l’Andorre parmi les autres destinations, le dossier sur les pays d’Europe où investir dans l’immobilier donne des points de comparaison.
Autorisation d’investissement étranger : démarche et délais
L’autorisation d’investissement étranger se demande au gouvernement avant de conclure l’opération. Le dossier décrit l’investissement envisagé, et le gouvernement précise les pièces à fournir. Les délais de réponse annoncés par les cabinets locaux vont de quelques semaines à plusieurs mois selon l’opération, et aucun chiffre officiel n’a pu être vérifié : il vaut mieux le confirmer auprès de l’administration avant de signer.
Un point pèse sur le calendrier : la taxe sur l’investissement immobilier étranger se paie avant la décision favorable. Elle concerne les non-résidents et les résidents installés depuis moins de trois ans.
Acheter un bien immobilier en Andorre : taxes et frais à prévoir

L’achat cumule plusieurs prélèvements. L’impôt sur les mutations immobilières comprend une part d’État de 1 % et une part communale de 0,50 % à 3 %, soit 1,5 % à 4 % selon la paroisse. Pour un logement neuf acheté à un promoteur, l’IGI de 4,5 % s’applique à la place de cet impôt, jamais en plus.
S’y ajoute la taxe sur l’investissement étranger. Annoncée en octobre 2023 avec un taux progressif de 3 % à 10 %, elle a été votée début février 2024, et elle peut atteindre 10 % pour une deuxième acquisition. Une promesse de vente avec un acompte supérieur à 20 % du prix déclenche le paiement immédiat de l’impôt sur les mutations.
Le prix au mètre carré dépend de la paroisse et du type de bien. Les statistiques officielles du gouvernement donnent les moyennes à jour, et le choix du lieu mérite une lecture sur les communes où acheter en Andorre avant toute visite.
Créer une société en Andorre : capital minimum et délais
La forme la plus courante est la société à responsabilité limitée (SL). Son capital minimum est de 3 000€, libéré en totalité à la constitution, et la création prend de 4 à 6 semaines quand les documents sont prêts. La société anonyme (SA) exige un capital nettement plus élevé, à vérifier au registre des sociétés.
Le taux d’impôt de 10 % suppose une substance économique réelle : au moins un salarié ou un administrateur résidant activement en Andorre. Les jeunes entreprises technologiques bénéficient de 5 % pendant leurs trois premières années. Une société peut aussi porter un actif immobilier, ce que détaille l’article sur l’investissement immobilier par une société.
Impôts en Andorre : IS, IRPF et IGI
La fiscalité andorrane repose sur des taux bas. Pour un investisseur, les repères sont les suivants :
- L’impôt sur les sociétés est de 10 %, et la retenue à la source est de 0 % sur les dividendes et les intérêts, de 5 % sur les redevances.
- L’IGI, équivalent de la TVA, est de 4,5 % pour la plupart des biens, de 9,5 % pour les services bancaires et financiers.
- L’IRPF est de 0 % jusqu’à 24 000€, de 5 % de 24 000€ à 40 000€, puis de 10 % au-delà (0 % jusqu’à 40 000€ pour un couple marié).
Les loyers entrent dans la base de l’IRPF, avec un forfait de charges de 40 % des loyers bruts, et une commune peut y ajouter un impôt de 0,1 % à 4 % des loyers encaissés. La plus-value d’un non-résident est taxée à 15 %, sans abattement pour durée de détention. La convention fiscale entre la France et l’Andorre, en vigueur depuis le 1er juillet 2015, répartit l’imposition entre les deux États : un résident français doit l’examiner avant d’investir.
Résidence passive en Andorre : investissement exigé

Le parlement andorran a approuvé le 22 janvier 2026 une réforme qui relève le seuil de la résidence passive de 600 000€ à 1 million d’euros d’actifs andorrans. Une voie par le Fonds du logement reste possible à 400 000€. Les placements en fonds collectifs ne peuvent pas dépasser 36 mois.
L’ancien dépôt remboursable de 48 500€, plus 10 000€ par personne à charge, laisse la place à un versement non remboursable de 50 000€ pour le demandeur principal et de 12 000€ par personne à charge. Le demandeur dispose de six mois, prolongeables de six mois en cas de force majeure, pour réaliser l’investissement après l’enregistrement de sa demande. Les dossiers déposés avant le vote suivent l’ancien régime, et la date d’entrée en vigueur se vérifie au bulletin officiel.
Investir en Andorre : points de vigilance
La taxe sur l’investissement étranger et l’impôt sur les mutations pèsent sur le prix d’acquisition, tandis que l’impôt communal et l’IRPF réduisent le revenu locatif. Le rendement se calcule donc après ces prélèvements, selon les règles d’un investissement locatif réussi.
La revente a aussi un coût : la plus-value d’un non-résident est taxée à 15 % sans coefficient réducteur. Un conseiller andorran, notaire ou fiscaliste, confirme les taux de la paroisse concernée avant la signature.
Plusieurs textes ont changé en 2026, et les sources consultées divergent sur certains délais. Il reste donc à relire la version en vigueur de chaque texte auprès du gouvernement andorran avant d’engager des fonds.

